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Sous un rayon de soleil

  • Photo du rédacteur: christine watlet
    christine watlet
  • 16 janv. 2024
  • 3 min de lecture

Enfermée entre mes 4 murs, je regarde le soleil percer entre les nuages. Enfin ! Après plusieurs mois de pluie et de grisaille, ce coin de ciel bleu est une bénédiction. C'est comme un signe du ciel pour nous dire : ‘Ne désespérez pas, je suis toujours là ‘. C’est vrai, derrière n'importe quel nuage, il y a toujours une lumière qui veille. C'est comme un message d'espoir qu'on oublie souvent. Les choses, aussi difficiles soient elles, finissent toujours par se dégager. Et la lumière finit toujours par réapparaître même derrière les ciels les plus sombres.


La lumière à ceci de magnifique qu'elle donne vie à la moindre petite chose auparavant tapie dans l'ombre. Les teintes sont plus éclatantes, les pièces s'éclairent et reprennent des couleurs et ce qui nous entoure semble émerger d'une longue torpeur. L'espoir renaît. L’hibernation touche à sa fin. Le printemps est encore un peu loin mais on se prend tout à coup à en rêver.


Bon oui je sais, je poétise et j'optimise. Nous ne sommes qu'en janvier et le printemps est encore loin. Et oui, je sais, le soleil révèle aussi les vitres à nettoyer et les poussières à prendre. Mais bon, on peut oublier tout ça un instant non? Juste le temps de savourer. Le temps d'un petit bonheur furtif et opportun. Le temps d'une rêverie.


Je me laisse aller en imagination. Le soleil est froid mais bien présent. J'enfile manteau chaud, écharpe et gants. C'est le temps idéal pour une promenade revigorante. Je m’élance d'un bon pas, ravie de pouvoir profiter de ce cadeau du ciel. Les arbres sont nus et leur silhouette se dessine en ombre chinoise sur un fond de ciel bleu. Les oiseaux qui passent leur hiver ici profitent aussi de ce moment d'accalmie pour secouer leurs plumes et gazouiller leurs chants Quelques nuages blancs flottent nonchalamment sur l'horizon comme de gros duvets qui se secouent après la pluie. Quel bonheur cette balade revigorante. Sauf que ça fait déjà quelques années que je ne la fais plus.


Alors je m'en vais au jardin. Avec mon rollator, je fais le tour du potager en jachère. J'observe la terre damée par les fortes pluies des jours passés. La végétation humide et engourdie luit sous les rayons du soleil. L'herbe nourrie par les ondées et les températures clémentes du début de l'hiver à une hauteur assez conséquente, qui rend la progression ardue. Mais qu'importe, j'avance au ralenti et j’en profite pour tendre mon visage vers le soleil. Autour de moi, mésanges, moineaux, pinsons et merlette se pressent aux mangeoires pour faire leur plein de nourriture avant la nuit. Et même Georges le rouge gorge, mon chouchou, est présent au rendez-vous.


Sauf que ce petit périple, ça fait des mois que je ne l'ai plus fait. Et pire encore, condamnée à la chaise roulante par une mauvaise chute depuis plusieurs semaines, dans une habitation aux multiples dénivelés, mon espace de vie s'est réduit comme peau de chagrin. Mais qu'importe, aujourd'hui, j'ai envie de profiter au maximum. Et l'imaginaire m'y aide bien.


Je pense à cette citation de Lamartine : “ Objets inanimés avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?” Je crois que les choses qui nous entourent portent en elles un peu de ce que nous sommes. Elles existent par le regard et l'attention qu'on leur porte. Et aujourd'hui, dans mon espace restreint, un simple rayon de soleil a apporté un supplément d'âme. Un peu de lumière, un peu d'attention, un peu d'amour et un regard bienveillant et tout à coup le monde change.


J'en suis convaincue, c'est la façon dont on regarde les choses qui leur donne beauté et valeur. Et aujourd'hui, en regardant autour de moi, l'espace de quelques heures, j'ai pu voyager, libérée de mes entraves physiques. Le soleil m’a invitée à la rêverie et j'en ai profité pour m'évader. Et mon âme s'est nourrie de toutes ces petites choses du quotidien, ces petits riens qu'on regarde à peine, mais qui, enrobés d'un rayon de soleil et d'un regard d'amour, sont devenus aussi précieux que des joyaux. Et qui surtout m'ont permis de créer. Car en imaginaire ou en concret, nous avons tous en nous cette petite étincelle qui nous permet de devenir créateur. Si pas des créateurs d'œuvres d'art, au moins des bâtisseurs de petits bonheur !


Ce texte peut être reproduit à condition de l'utiliser en entier et d'indiquer son site d'origine.



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