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Le soleil orfèvre

  • Photo du rédacteur: christine watlet
    christine watlet
  • 27 janv. 2024
  • 2 min de lecture

Le soleil en orfèvre fait scintiller soudain des rivières de diamants.

Et les cristaux de neige qui boivent à sa lumière

Sur le monde engourdi, déposent leur brillant.

Sur un fond bleu d’azur se découpe, altière, la silhouette nue,

Et l'arbre décharné dépose sur la rivière son ombre tendrement.

Il neige des paillettes qui papillonnent au vent,

dessinant un tableau éphémère et charmant.


Cette douce caresse se pose sur mes yeux, tout embués de larmes.

Des paillettes de chagrin envahissent mon cœur d'un flot si lourd d’émoi.

J'ai si mal ce matin que même un tel spectacle ne peut rien consoler.

J'ai mal de quelques mots, des mots comme des flèches.

J'ai mal à coups de lances qui cisaillent ma chair.

J'ai mal d'un poids de plomb qui écrase mon corps.

Je hais cette douleur qui s'incruste et me raille.


Mon cerveau engourdi projette milles idées,

Et s'offusque d'un rien ou se rit de lui-même.

Un poète maudit squatte au creux de mon âme.

Est-ce réalité que cette douleur intense ?

Est-ce juste la vision d'un cerveau embrouillé ?

Suis-je à ce point sensible qu'un rien me crucifie ?

Ou bien est-ce la folie qui me gagne peu à peu ?


La neige a disparu dans les bras de la nuit.

Et le jour s'est levé sur une nouvelle image.

Les douleurs ont fondu, le cœur s'est apaisé.

Mais reste dans ma chair ces blancs sillons de larmes

Et ces coups de heurtoir si mal cicatrisés.

La vie reprend son cours, implacable guerrière

Qui jamais ne s'inquiète, même quand elle a blessé.


Vie que veux tu de moi pour me soumettre ainsi ?

Que je sois ton jouet ou ton souffre-douleurs ?

Et pourtant tu le sais, je t'aime à en mourir,

A en mourir d'amour, à en périr d'aimer.

Mais on le sait l'amour est une folle traîtrise

Qui donne le meilleur et engendre le pire,

Qui ouvre grand le cœur et puis le fait saigner.


L'amour est comme la neige qui embellit les choses

et puis les laisse nues, froides et désemparées.

Et la vie qui le crée en fait de la charpie

et puis va le dissoudre au feux d'une rencontre.

Oh vie dans ta folie te rends tu parfois compte

du mal que tu me fais quand je t'aime trop fort?

Mais je ne sais qu'aimer même dans l'agonie.


Le soleil en orfèvre fait scintiller soudain des rivières de larmes,

Et la douceur des joues l'abreuve de tendresse.

Et les mots qui s'échappent des lèvres hydratées

Se posent comme cataplasmes sur les plaies apaisées.

Et le cœur se réchauffe aux doux rayons de l'astre

Et repart au combat pour mieux s'abandonner.

Le cœur a ses raisons mais la vie le condamne

A n'être qu'un jouet qui ne sait que l'aimer !


Oh vie, je t'aime tant, je t'aime à en crever…

Et le soleil orfèvre sourit d'avoir gagné…


Ce texte peut être reproduit à condition de l'utiliser en entier et d'indiquer son site d'origine.


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